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Les jumeaux rubiconds aiment l’art moderne et même ancien, qu’il s’exprime sur toile, sur objet ou sur corps, à l’aide d’un crayon, d’un ordinateur et d’une tronçonneuse, et le font savoir à grand renfort de pouces levés. Le White Cube, c’est l’endroit de tous leurs espoirs et forfaitures, un musée universel où s’ébat toute leur émotivité, leur inventivité, celle qui prolonge et tourne en dérision les canons d’un pan de notre patrimoine culturel : les trames rougeoliques de Lichtenstein ; le pointillisme de Seurat à la mode pixel ; les corps levés et fixés dans Guernica, puis liquéfiés ; les polychromies disco de Warhol ; la gémellité narcissique inspirée du tableau du Caravage ; les intersections pneumatiques de Mondrian et les entrelacs multidimensionnels de Magritte ; Matta-cre-à-la-tronçonneuse-Clarke ; Le cri cybernétique ; un match avec Marina Abramovic ; La renaissance de Vénus grâce à l’écran géant…

Les Fantômas de l’Art se substituent habilement à leur créateur à travers l’acte humoristique du prolongement, de la réinterprétation. S’il paraît dérisoire à première vue, le geste n’est en aucun cas dénué de sens. Peut-être parfois absurde ou grossier, il côtoie souvent le génie dans le sens où il perpétue la provocation suscitée par l’œuvre première. La lecture qui en est alors proposée devient une mise en perspective.

Vandenbroucke se cache derrière ses M.Propre de la même façon qu’il leur fait incarner les jugements à l’emporte-pièces de Facebook, symbole on ne peut mieux choisi d’une agora moderne où le quantitatif a pris le pas sur le qualitatif. Mais ne nous y trompons pas, la portée des détournements est bien plus subtile que ce que l’auteur veut bien laisser croire en nous endormant avec les pitreries des chauves. Il y a dans sa vision des œuvres citées et la confrontation physique qu’il leur fait subir une vraie réflexion sur l’utilité de l’art dans la perception de la vie.

 

 

 

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