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J’ai longtemps hésité avant de prendre la décision de publier le scénario de mon projet de bande dessinée sur le blog.

L’objectif initial de Point de fuite était d’apporter un regard un peu différent de ce qu’on lit et entend sur le milieu très fermé de la bédé. Située en confluence de l’amont (auteurs, éditeurs, diffuseurs) et de l’aval (lecteurs, collectionneurs, acheteurs publics et privés), la librairie est un poste d’observation privilégié pour apprécier la réalité de manière objective. L’amont méconnaît l’aval et vice versa. Un bon nombre d’erreurs éditoriales seraient sans doute évitées si les éditeurs prenaient la peine de se concerter avec les libraires, ceux qui côtoient chaque jour le public et arrivent à cerner plus ou moins ses attentes. Par exemple, s’ils parvenaient à entendre les noms d’oiseaux desquels ils sont affublés quand il leur prend l’idée saugrenue de lancer l’intégrale d’un diptyque à la place du second volume qui ne paraîtra donc jamais, les têtes pensantes du monde de l’édition y réfléchiraient à deux fois.

Côté aval, la mission d’une librairie telle que je l’entends dépasse l’acte commercial et se rapproche du travail que peut effectuer une médiathèque dans une perspective d’action culturelle. Même si ce n’est pas encore tout à fait admis par les médias et les relais d’information culturelle (agences, associations, prescripteurs internet), on peut appartenir à une structure commerciale et proposer des animations et rencontres gratuites qui ne rapportent rien à l’entreprise et auraient même plutôt tendance à lui faire perdre de l’argent. C’est toujours dans cette idée de confrontation entre amont et aval que j’envisage mon métier et Point de fuite en reste l’émanation. J’essaye dans la modeste mesure de mes moyens de faire se rencontrer des participants indispensables les uns aux autres mais qui ne se connaissent pas.

Voilà pourquoi je me suis dit en toute humilité que dévoiler un projet publiquement pourrait susciter de l’intérêt chez les curieux, ceux qui veulent savoir comment on s’y prend pour faire une bande dessinée. Le problème, c’est que je ne dessine pas et ne pourrai montrer ici l’étape suivante du processus, à moins que je ne sois rejoint par quelqu’un… Et puis je me suis dit sans aucune humilité que quitte à ne pas être édité, autant publier moi-même mon histoire.

Je vais donc mettre en ligne Tempête à Port-Donnant par épisodes durant les prochaines semaines. C’est un découpage dialogué de 78 pages qui reste une base de travail avant l’intervention graphique, moment où tout est envisagé sous un autre angle et remis à plat à l’aune de l’univers du collaborateur espéré.

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